Ca faisait longtemps que je n'avais pas tâté du bitume...
Avertissement : la photo dissimulée derrière le "H" peut heurter la sensibilité des plus jeunes ou de ceux que la vue du sang indispose !!!
Hier soir, aux alentours de 19H30, nous circulions à moto, ma douce moitié et moi-même, sur le boulevard périphérique extérieur parisien entre la porte d’Italie et la porte d’Ivry à une vitesse d’environ 50 à 60 km/h lorsque, arrivés au niveau de l’aile arrière d’une Peugeot 306 circulant sur la file de gauche, le conducteur de celle-ci a brusquement changé de voie sans signaler son intention (absence de clignotant) nous percutant et nous projetant à l’arrière d’une camionnette blanche roulant sur la file du milieu. La collision était inévitable étant donné le niveau où nous nous trouvions au moment où le conducteur du véhicule qui nous a fauchés a effectué son changement de voie. Résultat, une belle plaie ouverte de mon genou gauche et un sentiment de culpabilité vis à vis de ma chérie qui s'en sort avec une plaie au genou et un léger mal de dos... Les secours n'ont pas mis tellement de temps à venir même si on perd toute notion quand on se retrouve immobilisé en PLS sur une voie de circulation centrale du périph sous les yeux des automobilistes qui ne peuvent s'empêcher de ralentir pour regarder ! Les pompiers étaient sympas et j'ai bien déliré avec eux (ils ont dû me trouver relou mais je suppose que par politesse et/ou compassion ils faisaient semblant de rire à mes blagues aussi vaseuses que moi !?). Aucun problème non plus avec le SAMU de Paris qui a pris le relai pour le transfert, ni avec la brigade du périphérique qui a pris ma déposition. J'en profite pour remercier le motard qui me suivait et qui nous a porté assistance en premier, ainsi que le témoin qui a bien voulu faire sa déposition aux policiers. Là où ça s'est plutôt "mal" passé, c'est aux urgences de la Salpétrière où nous avons été emmenés par l'ambulance du SAMU après plus d'une heure d'attente sur le bitume... Arrivés à la "Salpé", il a fallu attendre notre tour (normal) avant d'être pris en charge. Placé dans un brancard dans le couloir (toutes les salles de soins étaient occupées), ça m'a paru très long ! Et ce n'était pas fini, car après la première consultation de l'interne de garde (sans ôter le pansement effectué par l'équipe du SAMU), on m'a remis dans le couloir pour attendre la consultation du chirurgien. Pendant ce temps là, ma chérie n'était toujours pas prise en charge !!! Ceci dit c'était une expérience enrichissante de pouvoir observer la cour des miracles qu'est la salle d'attente des urgences d'un hôpital parisien. Entre le clodo agressé par une bande de voyous qui vient la tête couverte de sang, la mère de famille antillaise qui vient pour une entorse en perdant patience pensant que son cas est prioritaire et les brigands qui arrivent menottés escortés par des ilotiers, tout ça sur fond sonore de gémissements de malades incapables de contenir leur douleur ou tout simplement désireux de la faire partager avec le reste des patients, ça vaut vraiment le détour ! Bref c'est finalement vers 23H20, soit près de 3H après notre arrivée aux urgences, que l'infirmière de garde a déplacé mon brancard dans une salle de soins pour attendre (encore et encore) la visite du "chir"... C'est ce temps d'attente que j'ai mis à profit pour prendre quelques clichés et une vidéo de ma blessure ! :D Donc après environ 20 min à poireauter (au moins je n'étais plus dans le couloir), le chir daigne enfin venir m'ausculter. Entretemps, l'infirmière lui avait mâché le travail en ôtant le pansement, il n'a fait que le soulever et regarder quelques secondes seulement ma plaie béante. Il s'est alors mis à tapoter sur son clavier d'ordi, me tournant le dos, sans me donner le moindre diagnostic, ni me faire part de ses conclusions et de la suite qu'il envisageait pour mon cas !? Il est ensuite retourné à ses autres patients et on m'a remis dans le couloir, toujours sur mon brancard, pour laisser de la place dans la salle de soins. J'étais bien placé pour voir le ballet du chir passant d'un patient à l'autre en s'arrêtant par moments au comptoir pour consulter des papiers et passer des coups de téléphone. C'est finalement vers 1H30 du matin qu'il est revenu vers nous en tenant ces propos :
- Ici c'est trop sale pour être opéré, nous allons vous faire transférer !
Je n'en croyais pas mes oreilles !!! Après être revenu au comptoir des infirmières et avoir recommencé son ballet entre le téléphone et les salles de soins pour continuer à s'occuper des autres patients, il est finalement revenu vers 2H00 en nous disant qu'il ne trouvait pas d'hôpital qui pouvait me prendre en charge !? Je lui ai alors parlé d'une clinique pas loin de chez nous mais qui était spécialisée dans la main, la Clinique de l'Yvette, située à Longjumeau (91). Cela faisait des années que je voyais des panneaux indiquant cette clinique, je lui ai sorti ce nom complètement par hasard, ne sachant pas ce qu'elle valait... Il est donc retourné au comptoir, passer les coups de téléphones nécessaires pour finalement revenir en nous disant ceci (accrochez-vous bien ça vaut le détour...) :
- Ils peuvent vous prendre en charge à partir de demain matin. Comme vous n'avez pas l'air d'avoir trop mal, je vous propose que vous rentriez chez vous par vos propres moyens (si si, vous avez bien lu) et demain vers 8H00 du matin vous vous rendez à la Clinique de l'Yvette (toujours sans assistance bien entendu...) !
Nous avons ouvert les yeux aussi grand que nous ne l'avions jamais fait, pensant être dans un rêve (cauchemard ?) et l'infirmière de garde, choquée également, de lui répondre qu'ils allaient me garder pour la nuit en programmant un transfert pour le lendemain. La nuit a été à la fois courte (étant donné l'heure tardive où j'ai été mis dans une chambre) et longue pour la douleur qui commençait à pointer le bout de son nez... J'ai donc été pris en charge par une ambulance le lendemain matin, mais le chauffeur, suivant les instructions de son GPS, a pris un chemin que je n'aurai pas pris, jour de départ en grandes vacances (samedi 5 août). Résultat, il a été obligé de mettre son pinpon pour pouvoir circuler entre les files des bouchons de l'A86... Arrivés vers 9H30 à la clinique de l'Yvette, les brancardiers m'ont déposé aux urgences, me laissant livré à moi même dans le hall d'entrée sur un brancard qui trainait par là !? J'ai attendu 30 bonnes minutes, disant bonjour aux gens qui allaient et venaient, avant de voir la tête de quelqu'un qui s'intéressait à mon cas, le chirurgien des urgences qui avait été prévenu de mon arrivée dans la nuit. Cela faisait déjà plus de 14H que mon genou était en vrac, il était temps qu'on fasse quelque chose... Seulement voilà, lorsque l'infirmière a enlevé le pansement devant le chir, je l'ai vu se décomposer et il s'exclame :
- Ah la la la mais ce n'est pas du tout ce que nous a décrit le chirurgien de la Salpétrière !!! On ne va pas pouvoir vous opérer ici monsieur !
Ce à quoi je réponds :
- Monsieur, cela fait maintenant plus de quatorze heures que je suis dans cet état, il va bien falloir que quelqu'un daigne s'occuper de moi !
Cela a eu son effet car il s'est mis à passer quelques coups de fil à droite et à gauche à la recherche d'un des rares chirurgiens orthopédiques de la clinique qui était de repos. Finalement, c'est une femme qui a bien voulu assumer l'opération, elle s'est déplacée depuis chez elle exprès pour moi pour procéder à l'opération aux alentours de midi. Au final, elle n'a fait que recoudre le tout, la viande ça se refait tout seul... Bref me voilà dans un lit d'hôpital un samedi soir alors que je devais partir en vacances dans le midi avec ma fille dès lundi ! Heureusement que ma petite chérie s'occupe de moi et viens me voir. Elle en a aussi profité pour me ramener mes joujous électroniques...;)
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